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La difficulté de maintenir la sécurité alimentaire dans l’UE

 

Au début de l’année est tombée la nouvelle selon laquelle 2 300 tonnes de matières grasses alimentaires potentiellement contaminées avaient été livrées à 25 fabricants allemands d’aliments.Entre 100 000 et 200 000 tonnes de nourriture ont été produites avec les ingrédients altérés.En Allemagne, près de 5 000 fermes avaient accepté la livraison de ce produit. Nous étions confrontés à la première crise alimentaire majeure de 2011.

Pendant cette seule année, nous avons dû gérer trois crises de ce type : la contamination par la dioxine en Allemagne, l’éventuelle contamination de la nourriture importée suite à l’accident nucléaire au Japon, et l’apparition de l’E. coli qui a essentiellement touché le nord de l’Allemagne.

Nous pouvons considérer que ces incidents sont les exceptions qui confirment la règle. Ils contrastent fortement avec le fait que dans l’UE, nous avons mis en place ce qui est probablement la chaîne alimentaire la plus sûre du monde. Une architecture complexe de règles et de réglementations s’applique systématiquement à la production de tous les aliments, du producteur au consommateur,et ce au quotidien dans toute l’UE. Tous les aliments importés sont contrôlés afin de garantir qu’ils répondent bien aux mêmes normes de sécurité.

Mais pourtant, il arrive qu’il y ai tdes exceptions : nous avons été confrontés à des crises par le passé et nous serons confrontés à des crises dans le futur. Les difficultés du passé nous ont conduits à développer une structure de réaction aux crises dont la rapidité et l’efficacité s’améliorent à chaque fois que nous tirons des leçons des nouvelles crises que nous traversons.Prenons l’exemple de la contamination par la dioxine.

Mes services étaient en contact permanent avec les autorités allemandes pendant toute la durée de la crise de la dioxine.Ils ont immédiatement transmis toutes les informations aux Etats membres par le système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (le RASFF), et sont également restés en contact avec les autorités compétentes des pays tiers, en fournissant une image claire de la situation à nos partenaires commerciaux. Les responsables de la Commission ont rencontré les parties prenantes dans l’industrie des matières grasses et des huiles afin d’explorer des façons de renforcer davantage les contrôles de dioxine dans les aliments. J’étais constamment en relation avec les autorités politiques compétentes en Allemagne.Quelles leçons avons-nous retenu de tout cela ? Cet automne, nous avons adopté des mesures complémentaires qui vont nous aider à réduire encore plus la possibilité que des incidents se produisent à l’avenir.L’une de ces mesures, par exemple, assure la séparation de la production des matières grasses et des huiles destinées à l’alimentaire de la production des graisses et des huiles destinées à des usages techniques.Alors que la crise de la dioxine s’est déclenchée quand on a su que les niveaux de sécurité maximum avaient été dépassés sans que des conséquences fâcheuses aient véritablement été documentées, la crise de l’E. coli a entraîné des décès et des invalidités permanentes en plus d’un vaste dommage économique.

Dans cette situation, la Commission a immédiatement activé le RASFF et le système d’alerte précoce et de réaction (SAPR) qui traite les alertes de santé publique. Pour garantir la coordination et la clarté de la communication, elle a organisé pratiquement tous les jours des réunion savec les organes scientifiques de l’UE et les autorités chargées de la santé publique et de la sécurité alimentaire. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a été sollicité pour mener une évaluation des risques, qu’il a effectuée en seulement deux jours.

L’aide des spécialistes de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) dans la coordination des enquêtes menées par les autorités des Etats membres a été cruciale pour identifier des graines germées comme source de l’épidémie. Les mesures prises par notre Laboratoire de référence de l’UE à Rome ont aussi porté leurs fruits rapidement. En une semaine, le laboratoire a développé une méthode permettant de réduire d’environ six jours à 48 heures la durée nécessaire à la détection de la bactérie E. coli dans la nourriture.

Enfin, n’oublions pas les énormes efforts déployés pour convaincre ceux de nos partenaires commerciaux qui avaient pris des mesures disproportionnées contre les produits de l’UE de revenir à une réaction plus appropriée…

Cette crise nous a conduits à obtenir des résultats remarquables grâce à un travail difficile mais excellent, mais ça n’est jamais suffisant. Par exemple, nous devons identifier (et nous identifierons) les mesures correctives à prendre afin de garantir la meilleure utilisation des outils dont nous disposons pour mieux évaluer les situations d’épidémie et améliorer la communication sur les problèmes concernant la santé. Cela nous aidera à éviter les pertes économiques considérables que ces épidémies peuvent provoquer.

Nous continuerons à appliquer le principe« Mieux vaut prévenir que guérir » sur lequel repose le cadre législatif de la sécurité alimentaire de l’UE tout entier.Nous continuerons de nous occuper des risques pour la santé animale et végétale,et par conséquent pour la santé humaine,en prenant des mesures préventives, en promouvant le contrôle et la surveillance, en garantissant l’échange rapide d’informations exactes, et en harmonisant davantage les contrôles tout le long de la chaîne alimentaire.Soyons clairs sur un point : nous continuerons à subir des crises alimentaires dans l’UE. Des événements à l’extérieur de l’UE continueront à déclencher nos mécanismes de prévention et de précaution comme ça a été le cas après l’accident nucléaire de Fukushima au Japon.

Je pense qu’au fil des années, l’UE a démontré dans la pratique à la fois l’efficacité de ses réactions et son ouverture d’esprit pour retenir les leçons utiles. Avec le temps, nous avons élaboré un système vraiment solide qui protège la qualité la plus importante de nos aliments : leur sécurité.

Par John DALLI
Commissaire Européen chargé de la Santé et de la Politique des Consommateurs

 
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