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Les Dossiers Européens
Edito avril/mai 2012

Face aux défis majeurs que l’Europe affronte en ce début de XXIe siècle, investir massivement dans la science et l’innovation apparait de plus en plus comme une nécessité cruciale pour l’avenir.
En effet, l’épuisement des ressources naturelles, le vieillissement de la population, les difficultés d’approvisionnement en énergie, le changement climatique, sont autant de maux qui frappent l’Europe et participent fortement à la dégradation de notre compétitivité. La volonté de ne pas rester passif devrait permettre la mise en place du programme Horizon 2020 pour la période 2014-2020. La conception et la mise en oeuvre de ce programme constitue un élément majeur de l’Union de l’innovation, une des 7 initiatives phares de la Stratégie Europe 2020, faisant suite au constat d’échec de la stratégie de Lisbonne, qui en 2000, avait pour objectif de faire de l’Europe l’économie la plus compétitive du monde d’ici 2010.


Deux ans après l’échéance, le constat est sévère : non seulement notre retard vis-à-vis des Etats-Unis s’est accru, mais nous sommes aussi rattrapés par les puissances émergentes que sont notamment la Chine, le Brésil, ou l’Inde. Avec un budget requis à hauteur de 80 milliards d’euros, Horizon 2020 est destiné à permettre de simplifier le financement de la recherche à travers une coordination renforcée des différents programmes et structures déjà existants. Ce programme vise surtout à améliorer l’efficacité de la recherche et l’intégration des fruits de celle-ci par l’industrie, au travers du processus d’innovation, dimension trop souvent délaissée jusqu’ici. Il se distingue de ses prédécesseurs par une approche par programmes et par défis sociétaux plutôt qu’une approche par projets et par une meilleure coordination et mise en cohérence avec les programmes nationaux et régionaux.


Ce qui apparait déterminant pour l’efficacité de l’investissement dans la recherche et l’innovation, c‘est avant tout le degré de coopération entre Européens, lui-même fondé sur une confiance mutuelle accrue. Coopération entre les Etats membres de l’Union ; coopération entre les acteurs de l’innovation, entre les instituts de recherche, les Universités, les entreprises ; coopération enfin à plus grande échelle au niveau mondial, car certains défis ne connaissent pas les frontières et doivent être résolus à l’échelle de l’humanité toute entière. Une coopération à différents niveaux est la condition essentielle pour concentrer les moyens, les talents et ainsi dynamiser la recherche fondamentale et appliquée pour stimuler la compétitivité de l’Europe. Les initiatives individuelles paraissent en effet bien infructueuses pour résoudre des défis globaux comme celui de l’épuisement des ressources naturelles par exemple. Des avancées au niveau de la coopération transatlantique à travers le Transatlantic Economic Council sont également notables, notamment en ce qui concerne l’électro-mobilité et les « smart grids » (réseaux énergétiques intelligents).


Mais le problème central qui se pose pour cette entreprise ambitieuse de renforcement de la politique européenne de recherche et d’innovation est celui de son financement. En cette période de crise et par conséquent de restrictions budgétaires, les moyens consacrés risquent fort de s’avérer insuffisants par rapport aux enjeux. Ainsi, seulement 4% du budget de l’Union est consacré à « la lutte contre le changement climatique et à l’utilisation efficace des ressources et matières premières ». Il semble dès lors évident que la stimulation de la recherche et de l’innovation ne peut être le seul fait des gouvernements, et que des mesures incitant le secteur privé à investir sont indispensables pour que l’Europe renoue durablement avec la compétitivité et la croissance économique.

Laurent Ulmann
Rédacteur en chef, Les Dossiers Européens

 
Science et Innovation en Europe: les clés de la croissance de demain

Avril/mai 2012 : N°24
Editorial
Laurent Ulmann, Rédacteur en Chef

 

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La science et l’innovation, clés de la compétitivité et de la croissance en Europe

L’Europe a plus que jamais besoin d’innovation afin de soutenir une croissance durable et encourager la création de nouveaux emplois, qui remplaceront ceux perdus durant la crise.
Il est impératif de quitter le confort du « business as usual » si nous voulons pouvoir nous adapter à une concurrence de plus en plus sévère à l’échelle mondiale.
Forts de leurs atouts - les compétences et l’énergie des citoyens, le potentiel novateur des entreprises et les perspectives qu’offrent le Marché unique, l’Union européenne et ses États membres doivent accélérer les réformes afin de promouvoir notre stratégie commune Europe 2020.

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